Introduction
Dans un contexte où l’industrie alimentaire et l’agriculture intensive ont progressivement abîmé nos sols, nos paysages et nos corps, ce projet de fin d’étude propose de s’emparer de la notion de biorégion afin de définir un scénario territorial reposant sur l’idée d’une quête de subsistance alimentaire qui perturberait le moins possible les écosystèmes. Le territoire francilien arrive à terme de ses capacités de subsistances et ce projet-récit est l’occasion de repenser le territoire rural en relation intime avec ses lisières urbaines afin de réparer les catastrophes causées par la surproduction et la surconsommation.
Nous avons abordé ce territoire comme une entité paysagère à travers laquelle persistent des initiatives maraîchères, menacées par le rachat des terres par de gros exploitants, 70% des terres du Vexin étant destinées à des cultures intensives de céréales. Un matin de mars, nous arpentons le territoire et plus particulièrement la vallée de la Viosne, entité rurale en relation avec l’agglomération urbaine de Cergy-Pontoise. Elle est traversée par une rivière, la Viosne, qui se jette dans l’Oise, et par une ligne de chemin de fer révélant ses contrariétés, ses unités et ses fragments. La mise en place du scénario territorial s’articule autour d’une considération des limites naturelles de la vallée, formées par les bassins versant et depuis trop longtemps abandonnées à un découpage administratif.
Le projet se présente alors selon un récit qui s’incarne sur un bourg de cette vallée, la commune d’Us, avec ses friches ferroviaires et ses fermes vides, comme la ferme d'Amour, dont le nom laisse présager de nouveaux liens possibles entre les différentes entités de la vallée. Le récit que nous avons écrit se structure en quatre chapitres – Arpenter, Héberger, Produire et Transmettre - dans lesquels nous imaginons différentes temporalités dans la mise en place du scénario territorial, ainsi que différentes échelles d’intervention. Dans chaque chapitre, le projet est illustré et raconté à travers les paroles de personnages issus de notre imagination mais aussi élaborés à partir de rencontres que nous avons faites avec des maraîchers et des habitants.
