CHAPITRE 1 – Arpenter [Valérie, habitante d’Us]
« Depuis l’ouverture du GR de la Viosne, il est facile de rejoindre les autres bourgs de la vallée à pied ou en vélo. Le PNR a mis en place des équipements d’information et de protection de la faune et de la flore. En tant qu’habitante, j’avais auparavant peu l’habitude d’aller voir du côté de la Viosne, mais le nouvel office de tourisme d’Us a permis un accès plus agréable à la rivière. Une parcelle en friche a été aménagée pour y implanter cet équipement à l’entrée du village. Les randonneurs et habitants peuvent profiter de l’espace public dessiné le long du parcours piéton qui longe la Viosne et donne à voir les berges renaturées. J’ai rejoint une association de renaturation des berges et du lit naturel de la rivière pour réparer les dommages crées par l’implantation de la voie ferrée. Nous sommes ravis de ces nouveaux aménagements qui nous permettent de redécouvrir notre environnement et son patrimoine paysager. »
CHAPITRE 2 – Héberger [Sacha, travailleur saisonnier]
« Depuis quelques années, la vallée de la Viosne accueille des sites productifs de fruits et de légumes. Nous reconnectons notre quotidien à l’agriculture autrement qu’à travers les pratiques intensives qui étaient nocives au quotidien. La Communauté de Communes a lancé la transformation d’une partie abandonnée de la ferme d’Amour d’Us en logements maraîchers. La nouvelle structure a été réalisée grâce au bois issu d’une foresterie voisine, l’écosite de Villarceaux. Ce matériau marche bien avec le vocabulaire de la ferme traditionnelle, malgré une modernité assumée. En tant que saisonniers, je bénéficie d’un logement sur place. Avec ma famille, nous avons prévu de revenir y séjourner à Noël lorsque la saison du gîte sera ouverte. Les logements se déclinent en plusieurs typologies, du dortoir au deux pièces en passant par la chambre individuelle, ce qui nous permet de choisir une formule adaptée. »
CHAPITRE 3 – Produire [Nour, gérante de la coopérative]
« La ferme d’Amour accueille de plus en plus de travailleurs, surtout l’été. Une coopérative gère les productions et la logistique afin de vendre les récoltes maraîchères et de mettre en relation les autres agriculteurs de la vallée avec le site d’Amour. Un des bâtiments de la ferme nous permet de laver et de conserver les productions à des températures adéquates. Une association de protection du patrimoine a lancé la remise en état du pigeonnier. Nous utilisons la fiente de pigeons comme engrais naturel et une cuve de récupération des eaux de pluie a aussi été installée en toiture en guise de réservoir et permet l’irrigation des cultures par un système de pompe et de pression qui stocke les eaux en hauteur. Nous faisons des économies d’eau et cela nous permet d’être indépendants des réseaux et de ne pas affecter les ressources. »
CHAPITRE 4 – Transmettre [Isaac, maire d’Us]
Le départ à la retraite des employés approche. Il faut préparer la relève et nous avons mis en place des ateliers à la ferme d’Amour. Une partie a été transformée en ferme pédagogique qui accueille écoliers et plus âgés qui viennent d’Us mais aussi de plus loin en Ile-de-France pour des sessions théoriques ou pratiques, de rempotage par exemple. Un des préaux de la ferme a été conservé dans son état existant, ce qui nous permet d’accueillir les groupes d’élèves. Nous organisons aussi des chantiers participatifs, en ce moment nous construisons un nouveau chemin d’accès piéton par la prairie humide afin d’être mieux connectés à la gare, tout en œuvrant pour la préservation et la valorisation des milieux. Nous espérons que les savoirs-faires maraîchers se transmettrons de génération en génération.
CONCLUSION
Au fil des histoires, nous convoquons l’idée d’un territoire autosuffisant, par un emboîtement d’échelles géographiques, architecturales et paysagères. Nous interrogeons les rapports qui peuvent exister entre un territoire urbain, ici Pontoise, et son hinterland rural et agricole, le Vexin français. Nous prenons le parti pris d’une superposition de deux dimensions, à savoir une échelle territoriale avec le développement d’une agriculture nourricière en fond de vallée en réponse aux modèles de production intensifs ; et une échelle locale où le bourg d’Us, et particulièrement sa ferme d’Amour, présente le potentiel d’être un point de rencontre avec la Viosne. Le projet porte finalement l’idée que ce territoire peut se réactiver grâce à des initiatives localisées exploitant les potentiels de l’existant à différentes échelles et participant à une lecture biorégionale à l’échelle de l’Ile-de-France dans l’espoir d’un futur alternatif au modèle capitaliste et extractiviste.
